Les droits des grands-parents

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La relation entre grands-parents et petits-enfants n'est pas seulement affective : elle est reconnue par le droit français, avec des conséquences concrètes. Cette page en présente les principaux aspects.

Le droit de relation

Le code civil pose un principe clair : l'enfant a le droit d'entretenir des relations personnelles avec ses ascendants, et seuls des motifs graves peuvent y faire obstacle.

Il s'agit donc d'abord d'un droit de l'enfant, et non d'un droit des grands-parents — nuance qui explique la manière dont les juges tranchent : la décision est prise au regard du seul intérêt de l'enfant.

Ce droit ne dépend pas de l'accord des parents. Lorsqu'ils s'y opposent, le juge aux affaires familiales peut être saisi, et il fixe le cas échéant les modalités : rencontres, correspondance, appels, et parfois un droit d'hébergement.

La procédure

La saisine se fait auprès du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire du lieu de résidence de l'enfant. La représentation par avocat est requise dans cette procédure.

Le juge peut ordonner une médiation familiale, une enquête sociale ou une expertise, et entendre l'enfant s'il est capable de discernement.

Les motifs graves retenus par la jurisprudence pour écarter le droit de relation sont, par exemple, un conflit d'une intensité telle qu'il exposerait l'enfant, un comportement portant atteinte à sa sécurité, ou une instrumentation de l'enfant contre ses parents.

Un point de méthode souvent souligné par les praticiens : engager une procédure contre les parents dégrade durablement la relation familiale. La médiation, gratuite ou peu coûteuse, aboutit dans une part importante des cas et mérite d'être tentée d'abord.

La garde et la délégation

Confier régulièrement l'enfant aux grands-parents ne suppose aucune formalité : c'est un accord de fait entre adultes.

En revanche, prendre des décisions pour l'enfant — inscription scolaire, soins, démarches administratives — requiert une autorisation parentale écrite, et une délégation d'autorité parentale prononcée par le juge pour les situations durables.

Une autorisation écrite pour les soins urgents, avec la carte vitale et le carnet de santé, évite bien des difficultés lors d'un séjour prolongé.

En cas de défaillance des parents, les grands-parents peuvent se voir confier l'enfant par le juge des enfants, dans le cadre d'une mesure de protection.

Aider financièrement

Plusieurs voies existent, avec des régimes fiscaux différents.

Le présent d'usage, offert à l'occasion d'un événement et proportionné aux revenus du donateur, n'est ni déclaré ni taxé.

Le don familial de somme d'argent bénéficie d'un abattement propre, renouvelable après un délai, sous conditions d'âge du donateur et du bénéficiaire.

La donation classique aux petits-enfants dispose d'un abattement spécifique, également renouvelable après un délai fixé par la loi.

Et l'obligation alimentaire joue dans les deux sens : les grands-parents peuvent être tenus d'aider un petit-enfant dans le besoin, et réciproquement les petits-enfants peuvent être appelés à contribuer à l'entretien d'un grand-parent — situation qui se rencontre notamment lors d'une entrée en établissement.

Les montants, abattements et délais évoluent régulièrement : ils se vérifient auprès des sources officielles ou d'un notaire avant toute opération.

La succession

Les petits-enfants ne sont pas héritiers réservataires tant que leur parent est vivant : ils viennent à la succession par représentation si celui-ci est décédé, ou renonce.

La donation-partage transgénérationnelle permet, avec l'accord des enfants, de transmettre directement aux petits-enfants tout en réglant l'équilibre entre les branches.

Un testament permet de leur léguer dans la limite de la quotité disponible.

Les aides et la protection

Un grand-parent qui héberge durablement un petit-enfant peut, selon les situations, ouvrir droit à certaines prestations familiales : les conditions sont examinées par la caisse d'allocations familiales, sur la base de la charge effective et permanente de l'enfant.

Les points d'information familles, les services sociaux départementaux et les associations de grands-parents constituent des interlocuteurs utiles, et leur accompagnement est gratuit.



Ressources utiles